INTERVIEW nostalgie: Abdallah Medjadi alias LIEGEON

allo-doudou-1433506190Pour les jeunes qui ne le connaissent pas, Abdallah Medjadi-Liégeon a été international algérien au sein de la fameuse EN des années 1980. Intraitable latéral droit à l’AS Monaco, Liégeon a été champion de France aux côtés de Claude Puel, Manuel Amoros et consorts. Depuis 1986, Medjadi a versé dans un mutisme incompréhensible qui a duré quelque… 23 ans. Pas un seul journaliste n’a pu l’approcher depuis. Pourquoi ? Le mystère reste entier. On ne vous cache pas que même après avoir eu son aval au téléphone, on restait un peu sur nos gardes avant de le rencontrer. Un homme qui a refusé de répondre aux charges virulentes de ses anciens coéquipiers de l’EN avait sans doute quelque chose à se reprocher, se disait-on bêtement. En fait, cette incompréhension à son égard a été animée naturellement par les nombreuses énigmes qui jalonnent sa vie. A commencer par son patronyme. Comment doit-on l’appeler : Liegeon ou Medjadi ? A-t-il voulu réellement de l’Algérie ou l’a-t-on forcé à l’époque ? Se sent-il encore attaché à ses racines ou les a-t-il reniées après la déception de Mexico 86 et les troubles entre les pros et les locaux ? Chacun a eu sa version des faits. Mais jamais Liegeon ne s’était exprimé sur le sujet depuis. A la descente du train, on était un peu tendu à l’idée de remuer le couteau dans la plaie de sa douloureuse histoire avec l’EN. Mais dès qu’on l’a vu nous chercher des yeux à la gare de Lons-le-Saunier, on a vite compris que ce monsieur à la moustache légendaire porte merveilleusement bien son surnom de «Doudou». Attachant et agréable, Medjadi nous a laissé une impression d’extrême gentillesse. Car ce monsieur est un mélange de douceur et de sincérité. Il nous a ouvert son cœur comme personne auparavant, étalant sa vie dans ses coins et recoins. Dégustez et n’oubliez pas de le remercier avec nous pour son extrême disponibilité. Voilà le vrai Medjadi Abdallah.

Depuis que vous avez quitté l’EN, avez-vous accordé une interview à la presse algérienne?

Non, jamais. Il y a eu des journalistes français qui ont fait des reportages sur moi. Il y a même un étudiant, je crois, qui est en train de réaliser une thèse sur moi actuellement. Le courant passe bien entre nous et j’essaie d’y contribuer comme je peux. Mais c’est la première fois en effet que je m’adresse à un journaliste algérien depuis 1986.
Pourquoi ce mutisme depuis 23 ans ?
Ça n’a pas été voulu par moi. C’est venu comme ça. Il y a eu trop de polémique autour de la participation de l’EN en Coupe du monde et comme je n’ai pas l’habitude d’être une mauvaise langue, j’ai préféré me taire et laisser faire. La Coupe du monde est passée et ça ne sert à rien d’y revenir si ce n’est pour expliquer aux jeunes comment éviter nos erreurs.
Vous n’êtes jamais retourné en Algérie depuis ?
Non jamais, même si l’envie d’y aller a été très forte. D’ailleurs, j’ai prévu d’aller faire un pèlerinage chez moi au mois de mai prochain. Je voudrais faire le tour de toute ma famille à Tiaret, Oran et ailleurs. Je prendrai avec moi ma mère et on va sillonner le pays.
Pouvez-vous retracer un peu votre carrière pour la nouvelle génération ?
J’ai commencé à Lons-le-Saunier, puis j’ai intégré les espoirs de l’équipe de l’AS Saint-Etienne, à la grande époque des Verts. Je n’ai pas été retenu en équipe première pour indiscipline. (Il s’arrête un moment, reprend son souffle, puis nous dit) Je vais vous expliquer pourquoi j’ai du mal à parler. Il y a trois ans de cela, j’ai eu une attaque cérébrale et j’ai dû galérer pendant deux ans et demi pour pouvoir reparler un peu correctement. On en était où, j’ai oublié…

A l’AS Saint-Etienne…
Donc par la suite, j’ai signé à Besançon en Ligue 2 où on avait toujours joué la remontée. Puis au bout de quatre saisons, j’ai eu plusieurs propositions de clubs de Ligue 1 dont celle de l’AS Monaco qui avait la meilleure équipe du championnat à l’époque. Par la suite, vers la fin de ma carrière, j’ai joué à Strasbourg.
Vous avez gardé des contacts avec des anciens de l’EN ?
Oui, quelques-uns, comme feu Hamimi. Avec lui, on était toujours très heureux de se voir. J’ai eu aussi des nouvelles de Halim Ben Mabrouk, Fethi Chebel, Mustapha Dahleb et Kourichi que j’ai rencontrés à Monaco.
Vous faites quoi exactement aujourd’hui ?
J’ai un commerce à Menton.
Comment expliquez-vous que des Algériens nés en France choisissent de jouer pour les Bleus au lieu des Verts ?
Le jour où j’ai été contacté par les responsables de la FAF, je n’ai pas pensé à autre chose que de rendre fière ma mère. Lorsque je l’ai appelée pour lui dire ce qu’elle en pensait, elle a fendu en larmes au téléphone. Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que ça lui a fait d’apprendre que son fils allait représenter les couleurs de son pays d’origine. Je pense que c’est ce qui manque chez certaines familles qui encouragent leurs fils à jouer pour la France. Mais après tout, c’est leur choix et l’on se doit de le respecter. Moi je dis juste que ces parents ne pensent pas comme ma mère ou les parents de Karim Ziani et tous les pros qui ont opté pour l’Algérie. Pour moi, c’est le cœur qui a parlé, c’est tout.
C’est bizarre de découvrir ce patriotisme qui vous anime alors que certains nous ont laissé croire que vous étiez préoccupé à chercher comment soigner votre image en EN. Que pensez-vous de ceux qui l’ont dit aujourd’hui?
Entre nous, ça ne m’intéresse même pas de leur répondre. Si j’avais eu l’intention de soigner mon image, je ne sais pas pourquoi j’aurais choisi de jouer pour l’Algérie. J’arrivais de la Ligue 2 et en une saison seulement, j’avais gagné une place de titulaire à part entière dans l’équipe championne de France. Je n’avais loupé que quatre matches sur les 34 de la saison et en plus c’était plus pour des expulsions ou des cartons. Ceux qui me connaissent ne peuvent même pas m’imaginer dans leurs cauchemars aussi ingrat et hautain qu’on a voulu le faire croire. Si j’ai opté pour l’Algérie, c’est parce que mon cœur l’avait voulu et non pas ma poche.
Vous étiez quand même déçu d’apprendre ces choses-là, non ?
Franchement, ma seule déception reste le fait que je n’ai pas apporté à l’EN ce que j’espérais apporter au niveau du jeu. L’équipe qu’on avait à l’époque était incroyablement forte et tout le monde souhaitait nous éviter par crainte de prendre une leçon de football. Mais c’est vrai que tous ces bruits qui tournaient autour de moi n’étaient pas sympas. Je vous assure que tout ce que je voulais à l’époque, c’était de porter le maillot vert sur le dos et le porter le plus haut possible.
Qui était derrière cette méchanceté à votre égard, des joueurs locaux ?
Moi je pense que oui. Il y a deux ou trois joueurs locaux qui avaient voulu salir mon image et celle de quelques pros. Mais comme je sentais que les supporteurs me soutenaient, c’était pour moi la chose la plus importante. Le reste…
Vous pensez à quels noms exactement ?
Ce n’était pas vraiment méchant. C’étaient plus des réflexions de gamins du genre tu vis en territoire français, donc tu n’aimes pas l’Algérie. Certains de ces joueurs ont bien vécu en France ou à l’étranger par la suite ; quelqu’un leur a-t-il reproché de ne plus aimer l’Algérie ? C’est idiot, comme vous voyez. Si on est venus se battre pour l’Algérie, c’est qu’on l’avait réellement désiré. Regardez quelqu’un comme Halim Ben Mabrouk, il avait aussi la possibilité de jouer pour la France, car c’était l’un des meilleurs de la Ligue 1 à son époque, si ce n’est le meilleur, mais il n’a écouté que son cœur lui aussi. Qu’on ne vienne pas donc nous reprocher des idioties.
De quelles idioties parlez-vous au juste ?
Il y en a tellement, vous savez. Imaginez qu’on dise de moi et des autres pros que je cherchais mon intérêt en EN, alors que je perdais plutôt de l’argent à chaque fois que je répondais à une sélection. Car les amendes dont j’écopais de la part de mon club employeur, ce n’était pas la FAF qui me les payait. J’avais des pressions permanentes de la part des dirigeants de Monaco pour ne pas aller en EN, mais j’assumais pleinement.
Mais certains aussi vous ont reproché de ne pas répondre à toutes les convocations de l’EN…
Vous savez, lorsque vous défiez votre patron, il y a aussi des limites à ne pas franchir. Je ne pouvais pas dire non à Monaco à chaque fois, sinon il fallait que je cherche aussitôt un autre club. Ces choses-là, un amateur ne pouvait pas les comprendre, car en Algérie, tous les clubs étaient sommés de laisser partir leurs internationaux dès leur convocation. En France, les dirigeants ne sont pas censés faciliter la vie aux équipes nationales étrangères. Surtout pas l’Algérie. Aujourd’hui, la FIFA a pu régler ce problème avec des dates obligatoires pour les internationaux. Mais avant, on n’était pas protégés.
Les supporteurs en tout cas ont tous remarqué que vous mettiez vraiment tout votre cœur en jouant avec l’EN… 
Ah, là je crois que personne ne peut en douter. J’étais encore plus méchant en jouant avec l’EN qu’avec mon club. L’envie comme la volonté doublaient dès lors que je revêtais le maillot de l’Algérie.
Vous a-t-on fait sentir quelque part dans la presse que lorsque vous étiez bon, c’était Medjadi et lorsque vous étiez mauvais vous deveniez Liegeon ?
Non, franchement, pas du tout. Je n’ai gardé que de bons souvenirs de la presse algérienne. Les journalistes ont toujours été à la hauteur avec moi. Je n’ai pas souvenir d’avoir lu un seul article méchant me concernant. Mais on m’a dit qu’il y a des joueurs de l’EN de mon époque qui m’ont vivement critiqué. J’aimerais bien qu’ils viennent me le dire en face lorsque je viendrai en Algérie au mois de mai.
Les critiques avaient commencé après ce fameux but encaissé contre le Brésil (1-0) dont on a imputé la responsabilité à une incompréhension entre le gardien Drid et vous. Vous a-t-il crié de lui laisser le ballon ? 
Non, Drid ne m’a rien dit sur cette action. Je savais que Careca était très loin derrière moi. Dans le jeu, je savais qu’il ne pouvait pas me prendre le ballon. J’avais assez d’expérience tout de même pour ce genre d’action. A Monaco, on jouait de manière complémentaire et le gardien avait l’habitude de nous parler tout le temps comme partout ailleurs. Quand Jean-Luc Ettori (le gardien de but de Monaco à l’époque, Ndlr) disait «il y a le feu !» je savais qu’il fallait envoyer le ballon dehors. Vous croyez que s’il m’avait parlé, je ne l’aurais pas fait ? Si j’avais entendu un seul mot de la bouche de Drid, je vous assure qu’ils auraient été le chercher des tribunes ce ballon. C’était impossible que je fasse autre chose, car c’est élémentaire dans le football.
Qu’est-ce que ça vous a fait d’encaisser un but aussi bête ?
J’ai eu mal au cœur. A ce jour, j’ai encore mal au cœur quand j’en parle. C’est bête parce qu’on avait les moyens de tenir en échec le grand Brésil. On avait même eu des occasions réelles pour mener. Cela aurait été un vrai exploit devant cette équipe intenable du Brésil avec les Zico, Junior, Alemao, Careca et les autres. Quand on les voyait à la télé, on se régalait déjà et là, dans ce match, on les tenait par la gorge jusqu’à ce but malheureux.
Vous vous dites quoi sur le coup ?
Je me dis « mais pourquoi il ne m’a pas parlé bon sang ?!» Sur un terrain de foot, je ne peux que comprendre dans ce genre d’action.
Et si Drid affirmait le contraire ?
Je peux le voir demain s’il veut pour discuter de cela. Je vais lui dire : écoute mon garçon, sois honnête c’est tout. Ça s’est passé comme ça et tu le sais très bien. On m’a toujours dit que l’Algérien était très clair. Il n’a pas de double face. J’espère que Drid a raconté la même version que la mienne, la seule et vraie version qu’il y a. Ce qui s’est passé est passé et ni lui ni moi ne pouvons faire marche arrière.
Revenons à votre mise à l’écart de l’EN en 1982. Peur-on avoir votre propre version ?
C’est simple, on est sortis vivre notre jeunesse en boîte de nuit comme le ferait n’importe quel jeune de notre âge et on est rentrés un peu plus tard, Kourichi et moi et stop.
Il n’y avait que vous deux ?
Que nous deux comme joueurs. Bon, il y avait le représentant de Puma avec nous, mais lui était libre de sortir comme il le voulait. Il n’était pas joueur. On a fait la soirée ensemble et on est rentrés.
D’après Kourichi, il y avait trois autres joueurs avec vous. Vous confirmez ?
Quoi ? Mais qui sont ces joueurs encore ? Des supporteurs ? C’est bête ce qu’il dit s’il l’a vraiment dit. Parce qu’on est passés devant les dirigeants et l’entraîneur et ces gens-là savent tous qu’il n’y avait que deux joueurs qui ont été chopés : Kourichi et Medjadi, stop. S’ils étaient avec nous, vous croyez que le coach les aurait épargnés ? Quand ils m’ont dit Medjadi tu es sanctionné, je suis parti et c’est tout.
Par où étiez-vous passés pour sortir de l’hôtel?
On est passés par la fenêtre. On est allés à une soirée dans une boîte de nuit hyper connue à l’époque. Mais attention, cela ne veut pas dire qu’on est revenus bourrés. On est rentrés bien sobres et les dirigeants peuvent en témoigner. On avait à peine 22 ou 23 ans et la Coupe du monde était encore loin. C’était la première fois qu’on le faisait. J’ai du mal à comprendre Kourichi parce que, honnêtement, je n’ai pas accepté de me ch… dessus comme on dit. Je suis resté digne contrairement à Kourichi qui s’est fait tout petit. Moi au moins, j’ai affronté tout le monde en disant la vérité. J’ai accepté la sanction et je suis parti.
Vous l’aviez dit à Khalef ?
Oui, à Khalef et à tout le monde. Je me rappelle que Kourichi tournait sans arrêt dans le parc pour espérer qu’on lui pardonne. Il pleurait beaucoup pour réintégrer l’équipe. Ma personnalité ne ressemble pas à cela. J’ai assumé ce que j’ai fait, même si ce n’était pas vraiment très grave, lorsqu’on y repense.
Que vous a dit Khalef ?
Qu’on était rivés (virés en verlan, Ndlr), c’est tout. Je n’ai pas fait de scandale et je suis parti.
Est-ce vrai que vous avez dit : «Si vous avez besoin de moi, vous savez où me trouver» ?
Oui, je l’ai dit. Pour moi, ce n’était pas possible d’être viré d’une Coupe du monde à cause de ça. En France, toute la presse en a parlé et ça m’avait ennuyé. On attendait de moi que je dise des méchancetés au sujet de mon pays. Mais moi, après la Coupe du monde, si on avait fait appel à moi aussitôt, je serais venu à la nage pour mon pays.
Ce qui est bien, c’est que vous n’avez pas fait la moindre déclaration contre l’EN ni en Algérie ni en France… 
Mon amour pour l’Algérie est bien plus grand, bien plus important. Je crois que pour tous les joueurs pros ou locaux, l’Algérie a toujours été au-dessus de tous. C’est impossible pour moi de nuire à mon pays.
Pensez-vous que Khalef a pris sa décision un peu vite ?
A mon avis, ce n’était pas lui qui a décidé de cela, mais c’est Mekhloufi. Enfin, c’est ce que j’ai pu comprendre. Mais bon, c’est ce que j’ai entendu dire. Tout comme on m’a dit aussi qu’avant le match contre l’Allemagne, il était à deux doigts de quitter le groupe et de prendre le premier avion sur Alger. Ce sont les rumeurs qui me sont parvenues. Vous imaginez si je devais prendre pour de l’argent comptant tout ce que j’ai entendu…
Pour quelles raisons ces gens-là vous en ont-ils voulu d’après vous ?
Je ne sais pas. Peut-être parce que j’étais arrivé en EN tout auréolé d’un titre de champion de France et que je jouais dans une équipe de très haut niveau avec les Amoros, Ettori, Eldström le Suédois, Barberis qui était le patron en Suisse, Claude Puel… Et quand je suis arrivé en EN, ça faisait sans doute des jaloux. A l’époque, je faisais la une des journaux. On a fait un long parallèle de moi et Manuel Amoros qui était international français. On louait tout le temps notre défense à Monaco. Forcément, cela ne devait pas laisser insensible tout le monde.
Vous comprenez aujourd’hui, avec du recul, qu’on vous ait reproché de prendre de temps en temps une bière devant tout le monde en EN ?
On ne va pas tricher tout de même. L’Algérie c’est mon pays, mais je ne connaissais pas trop les coutumes. Je ne savais pas que ça heurterait la sensibilité des gens que de prendre une bière. Je ne crois pas être le seul Algérien à boire de la bière de temps en temps. Il y a bien des bars en Algérie qui sont ouverts je suppose à ce jour. C’est quoi donc cette hypocrisie qui veut qu’on focalise uniquement sur Medjadi ? Mais bon, même si les autres aussi doivent me comprendre, je me dis que c’est à moi aujourd’hui de faire le pas pour les comprendre.
A quoi croyez-vous que cette incompréhension réciproque est due au juste ?
Vous savez, on n’a pas eu de vie normale dans ma famille, mais on a réussi à s’en sortir grâce à Dieu. Je n’ai jamais connu mon père. J’ai vécu dans une culture totalement française avec un beau-père qui buvait beaucoup et tout le reste. Je ne veux pas rentrer dans les détails, mais croyez-moi, la vie ne nous a pas fait que des cadeaux, vous savez.
Des regrets dans la vie ?
Oui, comme tout le monde. Mais je regrette surtout de ne pas avoir épousé une Algérienne. Je m’en suis aperçu avec le temps. J’ai dit à ma mère que c’était l’erreur de ma vie.
Pourquoi ne pas l’avoir fait alors ?
J’ai eu pourtant l’occasion de le faire par le passé avec une Algérienne qui travaillait au consulat de Besançon, mais le destin ne l’a pas voulu. C’était pourtant l’amour de ma vie. Mais malheureusement, après mon retour ici dans la région, lorsque j’ai voulu la relancer pour voir si elle était d’accord pour qu’on se marie, on m’a appris que Fatima était décédée. C’est le plus grand regret de ma vie. J’aurais pu me rapprocher de ma vraie culture avec elle. Mais bon…
C’est pour cette raison entre autres que vous avez décidé de rentrer au pays ?
Exactement ! Je veux retourner dans mon pays pour rattraper le temps perdu. Je voudrais faire des choses pour les miens. Que ce soit dans le football ou dans d’autres domaines. J’irai voir les responsables de la FAF pour leur proposer mes services. Je suis prêt à passer tout le restant de ma vie en Algérie. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela représente pour moi. Je sais que mon pays n’est pas le plus riche ni le plus beau du monde, mais pour moi, dans mon cœur, il est beaucoup plus que ça.
Entretien réalisé à Lons-le-Saunier par Nacym Djender in Le Buteur